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« Présidente D&C Consultants »

 

Dominique CARLAC'H (SP 1991)
Présidente D&C Consultants

D’où viens-tu ?
Je viens de la terre, la terre bretonne. Je viens aussi du sport de haut niveau.

Je suis issue d’un milieu de paysans et d’enseignants. A partir de ces racines solides et ancrées, j’ai voulu aller à la conquête de moi-même, par le prisme de l’entreprenariat. J’ai intégré Sciences Po Grenoble en 1987. On peut dire que j’ai été pionnière, car j’ai pu accéder à ces études prestigieuses grâce au statut de sportive de haut niveau. Puis j’ai développé D&Consultants, société de conseil en stratégie et financement de l’innovation qui emploie à ce jour 35 collaborateurs. Ensuite j’ai intégré HEC en formation continue car il me fallait passer du stade de créateur au stade de gestionnaire d’entreprise.

Ton parcours en quelques étapes ?

Je suis passée par quelques étapes clefs qui m’ont donné des leçons précieuses : le sport de haut niveau, la polyvalence de mes études et ma première expérience en entreprise.

Mon passage en Equipe de France m’a appris la préparation et la programmation de la performance, décisifs dans l’entreprenariat. J’ai également développé dans mes études à Sciences-Po ma curiosité et mon adaptabilité qui m’ont amenée à l’innovation.

Puis ma première expérience dans une entreprise m’a appris le triptyque sur lequel doit reposer toute entreprise : expertise technique, force de développement commercial et volonté d’impact sur son environnement. L’innovation ne doit pas être son propre but, mais viser un impact économique social et sociétal durable. J’ai donc débuté l’aventure de l’entreprenariat avec D&Consultants créée il y a 26 ans, sur cette volonté que le conseil en innovation ait de multiples impacts, au-delà de la seule avancée technique.

Comment tu définis le rôle du sport dans ta vie et ta carrière ?

Mon père était professeur de sport. C’est lui qui a très vite détecté les prédispositions que j’avais pour intégrer un cursus de sport-études. Je ne le remercierai jamais assez d’avoir eu l’humilité de me faire rencontrer un autre coach que lui pour m’accompagner sur le chemin du sport de haut niveau. Grâce à lui, je suis devenue membre de l’Equipe de France Junior et j’ai fait miennes les valeurs du sport telles que le dépassement de soi, la résistance, le partage d’expérience qui me sont très utiles aujourd’hui dans ma vie professionnelle.

Le sport de haut niveau m’a programmée pour la performance et la résistance à l’échec. Depuis mon plus jeune âge, à travers le 400 mètres, j’ai été confrontée aussi bien à la possibilité du succès qu’à celui de l’échec, alors que mes camarades vivaient plutôt dans une stratégie d’évitement de l’échec. C’est ce qui fait toute la différence. J’avais les armes pour créer ma société, planifier, passer chacune des étapes avec méthode et stratégie en étant plus forte que le stress. Mon ADN de sportive m’a permis d’être plus productive aussi. Car on sait bien que le monde de l’entreprise est fait de hauts et de bas, et exactement comme dans une course, l’important n’est pas de briller mais de durer !

Aujourd’hui mon engagement sportif se traduit par la présidence du Comité Sport national du Medef où je préside également la Commission Dynamique Entrepreneuriale. Voilà que mes deux passions se sont trouvées réunies ! Composé aujourd’hui d’une centaine de membres, le Comité Sport du Medef a pour but de mobiliser l’ensemble des entreprises en faveur du sport et de défendre une vision plus large de l’économie du sport. La promotion du sport comme outil de bien-être et de performance est au cœur de ses réflexions.

J’aime que mes engagements laissent une empreinte concrète, palpable : mon côté terrien probablement. En mars dernier, avec mes associés nous avons relevé un défi sportif en participant à une course très engageante : le WinterTrail organisée par l’association Oxfam France. 60 km parcourus en raquettes dans la neige en moins de 30h et 2.295€ récoltés et reversés en intégralité à l’ONG Oxfam pour financer des programmes de lutte contre la pauvreté et les injustices dans le monde.

Je n’oublie jamais ce que le sport m’a permis de réaliser, c’est dont tout naturellement que ma société D&Consultants est très active dans le mécénat pour le sport au féminin et en milieu rural. Nous soutenons depuis de nombreuses années la section féminine de football d’un collège de Ploërmel en Bretagne qui vient d’emporter son premier titre national, mais aussi la section junior du club de football Bourgoin-Jallieu en Rhône-Alpes (dans laquelle le fils d’une collaboratrice se forme), et le Club de badminton de Saint-Cyr l’Ecole dans les Yvelines.

Nous sponsorisons également des actions sportives solidaires comme un périple de 610 km à vélo au profit de la jeune Emeline, atteinte d’une maladie rare, organisé par l’Association vélo Gallissot ou la course solidaire 4L Trophy au Maroc à travers le soutien d’un équipage de deux étudiantes de l'ESCOM : Amandine et Manon, pour lesquelles nous avons apporté notre soutien par un don financier et matériel.

Par ailleurs, D&Consultants finance la participation de ses collaborateurs à des courses et évènements, majoritairement solidaires également. A titre d’exemples : Les Bacchantes (maladies masculines), Courir ensemble (handicap international), le Semi-marathon de Paris, la TechRun, Challenge BeWalk, Vertigo (Play international), etc.

Tu es chef d’entreprise, mais aussi femme et mère de famille. Difficile de conjuguer les trois ?

Oui, j’ai différentes casquettes, encore une fois parce que je suis programmée comme ça. C’est devenu une deuxième nature. Mais n’allez pas croire que je cours de soirées de réseau en soirées pour faire de la représentation. Je m’en tiens peut-être à une soirée par trimestre, grand maximum. Parce que ma priorité, le soir, se porte toujours sur mes enfants. Je tiens à être là pour les devoirs et tous ces moments où ils ont besoin de moi. Je ne veux pas que ma réussite professionnelle se fasse à leurs dépens. Je choisis délibérément que mon travail soit uniquement en journée. J’y mets toute mon énergie, mais une fois que je rentre, une autre vie commence…

Quelques conseils à donner à nos étudiants ?

Quand je fais passer des entretiens d’embauche, ce qui compte, c’est de voir un degré d’engagement et d’ouverture du candidat. C’est aussi de détecter s’il est là par hasard, par simple curiosité, ou parce que c’est un projet qui est en cours de maturation. Lors des entretiens d’embauche, on revient à l’essentiel : l’envie de travailler et de se projeter dans le poste et dans l’entreprise.

Nous faisons un métier intellectuellement exigeant, qui nécessite de compenser le côté généraliste par une capacité d’approfondissement mais aussi d’élargissement de l’analyse. Nous recrutons donc des touche-à-tout avec la volonté d’élargir le périmètre de nos clients et ne pas s’arrêter au champ visible, et minimum à Bac+5. Bien entendu, nos candidats parlent tous l’anglais.


Dominique CARLAC'H
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24/10/2017

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