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« humanitaire et “parrain” d’élèves »

 

Une vie rythmée par les missions humanitaires depuis son diplôme à l’IEP de Grenoble, Frédéric PENARD (1996 SP) est actuellement directeur des opérations à SOS Méditerranée.

Rendez-vous en terrain connu… Frédéric PENARD, directeur des opérations à SOS Méditerranée, est le parrain de la promotion 2018 et présidera à la remise des diplômes le 9 mars. « J’ai moi-même étudié à Sciences PO Grenoble entre 1992 et 1996. Je garde le souvenir d’une formation multidisciplinaire, qui m’a donné les clés pour comprendre le monde qui m’entourait », explique-t-il.

Durant son cursus, Frédéric PENARD se passionne pour les questions européennes et réalise un échange Erasmus en Angleterre avant de s’octroyer une année de césure en Amérique latine « pour voyager et apprendre l’espagnol ». Puis, il complète sa formation par une année de master en droit européen à l’Université de Bristol. « Je me suis destiné à travailler dans le domaine des politiques publiques européennes, ce que j’ai fait dans mon premier emploi. »

Tout juste diplômé, il travaille un an au conseil régional de Champagne-Ardenne où il met en lien porteurs de projets locaux et institutions européennes : « J’appréciais mon métier mais il me manquait la dimension sociale, je voulais me sentir plus utile et aider directement les gens dans le besoin. » Frédéric PENARD, « engagé de longue date », se lance alors dans l’action humanitaire « par le biais d’anciens camarades de promo partis en missions humanitaires grâce à qui je me suis moi-même posé la question ».

« Voltigeur »
La Papouasie indonésienne, ce sera sa première mission humanitaire avec Médecins du monde, en 2000. Objectif ? Faciliter l’accès aux soins pour les femmes enceintes dans une zone reculée. « Je n’avais aucune compétence médicale, j’ai intégré l’équipe comme administrateur-logisticien », précise Frédéric PENARD. Toujours avec Médecins du monde, il part ensuite un an en Colombie, à la frontière du Panama, terrain de la guérilla opposant les FARC au gouvernement.

Dans le jargon humanitaire, Frédéric PENARD devient ce que l’on appelle un « voltigeur » : il fait partie de l’équipe consacrée aux missions d’urgence, amenée à partir du jour au lendemain après des catastrophes naturelles ou aux démarrages de conflits. « Toutes les missions que j’ai réalisées m’ont marqué, ne serait-ce que par leur contexte passionnant. Les humanitaires ont le privilège de vivre un bout d’Histoire. C’est difficile de n’en retenir qu’une seule. » Difficile aussi, d’en dresser la liste exhaustive tant elle est longue. La Côte d’Ivoire en 2002, l’Irak en 2003, l’Indonésie en 2004…

Son itinéraire le conduit ensuite chez Solidarités international, ONG qu’il intègre comme directeur des opérations en 2010. Frédéric PENARD supervise alors les missions de cette association engagée pour l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement. « Après cinq ans à travailler essentiellement dans un bureau, je voulais retrouver le terrain », se souvient l’humanitaire. Retour en Côte d’Ivoire, pour une mission de trois ans à Abidjan avec Médecins sans frontières. « J’étais heureux de revenir ici plus de dix ans après ma première mission, dans un pays de nouveau pacifié après une décennie de crises. »

Entre terre et mer
Depuis mars 2018, Frédéric PENARD est directeur des opérations à SOS Méditerranée. « J’ignorais tout du domaine maritime, en revanche, j’étais familier avec la négation des droits fondamentaux. Exactement comme c’est le cas en Méditerranée. La façon dont on traite les gens aux portes de l’Europe me touche tout particulièrement. »

En décembre dernier, il prend la décision avec son équipe de cesser l’affrètement du navire de sauvetage Aquarius, bloqué à quai depuis le mois d’octobre, faute de pavillon valide. « C’était une décision difficile, mais elle a du sens. Émotionnellement, ça fait quelque chose d’abandonner l’Aquarius qui a sauvé près de 30.000 vies en deux ans et demi mais il faut aller de l’avant. Arrêter les sauvetages avec l’Aquarius, c’est concentrer notre énergie à la recherche d’un nouveau navire afin de repartir en mer le plus tôt possible. »

Dans cet élan d’optimisme militant qui semble le caractériser, l’humanitaire accueille la fermeture des ports italiens aux ONG de sauvetage en juin dernier comme « ayant au moins eu le mérite de mettre en lumière le problème de non-assistance à personnes en danger en mer Méditerranée et de réveiller l’Europe. » Quant aux allégations d’opposants qui accusent SOS Méditerranée d’être complice des réseaux de passeurs, elles sont pour Frédéric PENARD un «encouragement supplémentaire pour continuer à défendre des valeurs universelles au cœur du projet européen ».

Khadija EL JERRARI (A5 - PPOI) et Solène PERMANNE (A4 MMO)
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14/01/2019

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